

La France, ce pays aux caisses vides, au prestige fragilisé et à l’industrie disparue, devait retrouver l’espoir de nouveaux jours ensoleillés, grâce notamment au réchauffement climatique qui allait s’accentuer encore plus durant le prochain quinquennat. Mais entre socialisme vieillot et droite populaire décomplexée, le destin semblait inévitable. En voulant retrouver les jours de gloire de l’ex Nouvelle-France, elle appela à l’indépendance du peuple québécois. Môdzi tabarnak, mé kessé ki t’as pris là Ségol’ ? Puis dans les contrées d’Extrême-Orient, elle arbora la couleur du deuil sur la Grande Muraille pour mieux montrer sa joie de parler aux dirigeants de l’Empire du Milieu. Malheureusement, Frère Nico avait noué de solides liens d’amitié – et de portefeuille – avec ses grands amis financiers du royaume de France. Quelle chance inouïe d’avoir pu jouer à colin maillard avec les garçons qui allaient devenir les seigneurs à la tête de TR1, France 6, Lapardère, Bouigue, ou encore Le Beaumarchais. Pendant ce temps, Mère Ségola était bien seule, gardant la tête haute et son tailleur parfaitement coupé. Le continent européen regardait attentivement le déroulement des évènements mais une fois de plus, Mère Ségola fut malchanceuse quand Tony, Georges, et Angela serrèrent la main de Frère Nico.

L’hymne national retentissait dans chaque carrosse et salle de bal, les troubadours poussaient la chansonnette encore plus souvent et le drapeau national retrouvait un prestige inégalé depuis des décennies. Fini les scrupules sur la France morose et souffrante, le peuple était plus que jamais prêt à dire merde à Bruxelles, à creuser le déficit, à dépenser à crédit, à aimer le luxe, à travailler plus pour gagner plus : désormais la France retrouvait presque un nouveau souffle, prête à s’unir devant un nouveau chef, après douze années passées où les yeux étaient rivés sur l’opération Écus Jaunes et la griffe de la bourse qu’arborait fièrement Bernadette à chacune de ses visites au sein du royaume. Plus le temps passait et plus Mère Ségola faisait figure de perdante face avec ses envies de taxer les bourgeois pour redonner à la populace. Cependant nul ne doute qu’elle aura plus de chance une prochaine fois avec des solutions plus justes, en proposant une réponse économique adaptée à la situation actuelle de notre Royaume. En effet, beaucoup de petits papiers portants son nom se sont échappés vers Frère Nico ou sont devenus blancs, déçus des idées d’un socialisme ringard mais ne sont pas partis à droite pour autant ni pour toujours.