

Cet État que rien ne semble arrêter, est pourtant curieusement influencé lorsque des évêques, des imams, des rabbins ou des pasteurs, viennent à se plaindre d’une critique ou d’une attaque envers leur religion. Des caricatures de Mahomet provoquent un scandale alors que le Pape avait eu le privilège d’avoir un représentant peu glorifiant dans une émission satirique de la chaîne cryptée française, sans que cela n’émeuve grand monde. Des évêques arrivent à faire interdire la publication d’une publicité reprenant la thème de la Cène pour une grande marque de vêtements. L’État français n’est-il pas uniquement laïc quand la chose l’arrange ? Qu’importe. Plus récemment, en lisant l’un des plus grands journaux quotidiens français, on pouvait y trouver que des représentants de toute religion confondue venaient de publier un rapport insistant sur la menace que représente le mariage homosexuel sur la société. Interviewé, l’un d’entre eux affirmait la nécessite de faire parvenir ce message aux électeurs avant l’élection présidentielle, afin de s’immiscer dans le débat actuel lié au choix de notre futur(e) président(e). Ce que peu de gens arrivent à comprendre dans cette question de législation sur le mariage ouvert à deux individus du même sexe est qu’il s’agit d’offrir un droit, et que, en aucun cas, tous les homosexuel(le)s de France ne vont se ruer dans les mairies afin de s’unir. Puisqu’on parle de liberté justement, chaque individu reste libre de faire ses propres choix. Si un homme et une femme ne veulent pas s’unir, ils en ont le droit. Si un homme et un autre homme, veulent ou ne veulent s’unir, ils ne peuvent pas : ils n’en ont ni la capacité, ni le choix.

Alors pourquoi la religion aurait-elle un rôle à jouer dans les affaires privées de l’État ? Cet État si orgueilleux et pourtant si faible, plie à la moindre occasion de peur de voir défiler des centaines de gens dans les rues de Paris. L’Église peut continuer à refuser le mariage homosexuel contraire à ses dogmes, mais l’État conformément à sa loi et à sa Constitution, prétend pourtant assurer à chaque personne qui naît sur le territoire français qu’elle demeure libre et égale en droit. Lorsque la décision fut prise de donner le droit de votes aux femmes, certains ont pensé que la société allait s’écrouler face à la prétendue incompétence politique féminine à élire de bons représentants. Qu’en est-il aujourd’hui dans les livres d’Histoire ? La France a été l’une des dernières démocraties modernes à accorder ce droit à ses citoyennes en 1945. Voilà ce qu’il reste du passé : la triste vérité. Ce pays des droits, qui prétend être une terre de liberté et d’égalité, conformément à sa devise nationale, a souvent fait preuve de beaucoup plus de conservatisme que de progressisme dans nombre de domaines. N’étant ni un défenseur, ni un détracteur du mariage homosexuel – si c’est ce terme qui « choque » et « fâche » tellement – qu’est-ce qui viendrait s’opposer à l’utilisation du terme union ? En attendant, le débat continue encore et toujours parmi nos chers candidats au poste de président(e) de la République française. Mais ce qui est sûr et certain, c’est qu’un mariage ou une union n’est pas obligatoire pour prouver son engagement et il est encore moins nécessaire pour prouver son amour à celui ou celle qu’on aime.