

Juste ces instants que l’on connaît trop bien et qui se répètent à l’infini depuis plusieurs longues années. Même si l’on s’arrange pour sortir au cinéma voir le tout dernier film avec ses amis, ils ne restent que des amis, aussi bénéfiques soient-ils pour ton moral. Tu ne peux leur en demander plus. Ils ne seront pas ceux présents à tes côtés quand tu te retrouveras seul chez toi, à dîner face à une télévision ou un ordinateur. Ils ne pourront pas non plus te prendre dans leurs bras au fond de ton lit si grand et pourtant si vide pour te dire à quel point ils tiennent à toi avant de t’embrasser pour adoucir tes rêves. Ces précieux moments dont personne ne réalise la portée importante qu’ils peuvent avoir quand tu ne les connais pas. La vie est plus facile à deux et le bonheur semble moins fragile. Même les larmes qui t’étaient si familières n’arrivent même plus à couler tellement tu les as versées. Tu n’espères plus rien de la vie ni de personne et le tableau où tu avais inscrit toute une liste de rêves s’est effacé de par lui-même. Petit à petit tu t’es résigné. La vie t’a donné le confort matériel et t’a protégé des agressions extérieures, mais comme le proverbe le dit si bien : nous ne pouvons pas tout avoir.

Le Prince Charmant sur son fidèle cheval blanc n’existe pas plus que le Père Noël en qui tu as cru si longtemps, par candeur ou par naïveté. Cette enfance où on t’a chéri et adoré, cette période où on t’a comblé avec tout ce que tu demandais, tout ceci ne t’a pas aidé à te construire mais plutôt à te détruire lentement. Aujourd’hui tu ne te reconnais pas dans l’instruction et l’éducation que l’on t’a inculquées. Tu ne seras jamais le propriétaire d’une maison en banlieue pavillonnaire avec ta femme, trois enfants et un dalmatien. Aucune descendance ne viendra te rendre visite quand tu aras atteint l’âge où Polident sera ton plus précieux allié. Tu n’auras jamais la vie facile mais au fond, tu ne l’as jamais vraiment eue ; toujours à te demander pourquoi tu n’étais pas comme tout le monde. Et même si tu n’y crois plus vraiment, someday your prince may come. Ne pas me brusquer, me cueillir comme on détache la pêche mûre à point de sa branche et me montrer que l’on me désire vraiment, qu’il ne s’agit pas d’une relation ordinaire car je ne suis justement pas quelqu’un comparable à tous ces autres. Je suis prêt à construire quelque chose qui pourrait durer dans le temps mais pas avec n’importe qui ; il est plus facile de se droguer que d’affronter la vie ou encore de battre ses enfants plutôt que de les élever mais l’amour, lui, demande des efforts, du courage et de la volonté. Des notions que beaucoup de gens ont abandonné. Il me reste juste de la volonté pour me battre et faire des concessions afin de construire quelque chose de beau avec l’homme que je choisirai. Faire que chaque jour avec lui soit un cadeau et un moment unique. Alors peut-être qu’à cette condition ce cœur de glace qui est le mien fondra aussi vite que neige au soleil.